Samedi 10 mars 2012, 14h à Vincennes, Coeur de Ville

"Crise de la sociabilité, crise du sens collectif"

Les raisons de nos deux tables rondes du 10 mars

Depuis près d’un demi siècle, des changements de toutes natures, combinés, cumulés et accélérés affectent la société française. Certains sont inédits : le lointain est plus proche que le proche et le présent est à peine présent qu’il est déjà passé, la mise en question du masculin et la procréation sans accouplement, les incidences des progrès de la génétique, etc. Il en résulte un sentiment de rupture, de vide aussi, car d’anciens repères disparaissent sans que de nouveaux aient émergé .

Qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce qui persiste derrière l’apparence de changement et qu’est ce qui se transforme en profondeur ? Tenter de comprendre ce à quoi nos sociétés avancées sont confrontées, telle est l’ambition des Rencontres démocrates depuis leur création.

Trop souvent, nous considérons ce qui nous arrive hic et nunc, sans perspective historique, le plus souvent à travers un filtre de lecture qui fait la part belle au déterminisme économique et à une demande sans fin d’égalité réelle, chacun apercevant midi à sa porte. D’où des réponses immédiates dominées par des utopies égalitaires, par l’utilitarisme, par une recherche incessante de la rentabilité financière ou économique et de la satisfaction des intérêts individuels ou communautaires.

Porte-t-on assez d’attention à deux processus de déstructuration qui sont à l’œuvre, parfois subtilement, et qui sont porteurs de violences ?

Ce sont d’abord les défaillances de la transmission intergénérationnelle qui, imperceptiblement, laissent en jachère des principes et des codes sur lesquels était assise depuis des lustres une conception commune de la vie en société, de la civilité et de la morale civique, même si ces principes et ces codes étaient transgressés : une sorte de "déculturation" !

Le second processus tient à la désintégration de ce qui, naguère, faisait vivre en république des populations différentes. Vivre ensemble dans une société française où les individualismes et les particularismes s’exacerbent pose problème. Toutes sortes d’ingrédients contribuent à produire des force centrifuges, des tensions et des conflits dans la collectivité nationale : bien sûr, les faillites des processus de transmission que nous venons d’évoquer, mais aussi l’affaiblissement des contraintes sociales ou religieuses ou encore des mythes mobilisateurs qui appelaient à transcender les particularismes, les pertes de légitimité de la représentation démocratique, les idéologies libertaires et liberticides qui subvertissent le sens de la responsabilité individuelle et collective, etc. Sans oublier l’ensemble des processus qui rétrécissent le temps, au point de ne plus en avoir à soi ou devant soi, au point de substituer la mobilisation par l’affectif hic et nunc à celle que forge durablement la pensée critique et la conviction.

C’est autour de cette double thématique touchant à la civilité, à la morale civique et à la cohésion sociale, culturelle et nationale que les Rencontres démocrates entendent offrir analyses, réflexions et débats le 10 mars 2012, à l’occasion du Xéme anniversaire de leur création.

Un bouquet de six ou sept penseurs, la plupart étant déjà intervenus à Vincennes, seront réunis en après-midi autour de deux tables rondes de deux heures au cours desquelles seront abordés en tout ou partie les thèmes suivants :

Les défaillances de la transmission intergénérationnelle

Un processus de déculturation à l’oeuvre – Origines et incidences.
Les conditions normales d’exercice d’une éducation mises en question.
La fragilité de la transmission des savoirs fondamentaux, notamment du rapport au temps et à l’espace
L’autorité mise en question : celle des parents, des maîtres, du chef d’entreprise, de l’Etat.
Peut-on envisager un travail de refondation culturelle sur le long terme? Quels leviers de changement ?

Individus, communautés et particularismes, collectivité nationale

Communautés et particularismes menacent la cohésion nationale ! Quel devenir pour l’idée nationale ?
L’individualisme face aux contraintes du collectif
La crise de la responsabilité individuelle et collective – L’homme multidimensionnel tout à la fois producteur, acteur et consommateur de la désintégration économique, sociale et culturelle.
Crise de la représentation démocratique.
Le rapport au temps – Ses incidences sur la vie commune et collective
« Et il est urgent de renforcer l’équité sociale, mais aussi les solidarités réelles, au sein de la famille, entre les générations, dans l’entreprise. Car ce sont elles et elles seules qui donnent aujourd’hui une signification à l’existence quotidienne » (Face à la crise - Matériaux pour une politique de civilisation - Rapport du Conseil d’analyse de la société, 2009).

André Thiéblemont

 

   
Renseignements : André Thiéblemont 01 43 65 17 10 - Gregory Azoulay  06 26 86 01 57